5 axes autour desquels s’articule la politique française en Ukraine… « La Turquie mène des politiques plus sages »

Paris – « Al-Quds Al-Arabi » : Sous le titre : « La politique de la France envers l’Ukraine », a déclaré le célèbre géopoliticien français Renaud Girard dans une tribune au journal « Le Figaro » ; Six mois après le début de la guerre russe en Ukraine, le front semble s’être stabilisé. Il en va de même pour la position de la France sur ce conflit, initialement plutôt souple, et le temps de s’adapter à une situation dangereuse sans précédent en Europe depuis la chute du communisme il y a plus de trente ans.

L’auteur explique que lors de son discours devant les ambassadeurs de France le 1er septembre, le président français Emmanuel Macron s’est exprimé clairement sur la politique ukrainienne de la France, qui s’articule autour de cinq axes :

Le premier axe est d’aider l’Ukraine attaquée. Le président de la République, craignant qu’une victoire militaire russe ne fasse qu’aiguiser l’appétit régional du Kremlin, a déclaré : « Nous ne pouvons pas permettre à la Russie de gagner militairement sa guerre contre l’Ukraine », et donc l’aide n’est pas seulement de nature plus humanitaire et plus économique, mais aussi militairement, sans contourner la ligne rouge du combat direct avec la Russie. Si les États baltes, les anciennes républiques soviétiques comme l’Ukraine, avaient été attaqués, cette ligne rouge aurait été franchie ; En tant que membre de l’OTAN, la France est l’alliée militaire des États baltes. Lors du sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008, le président américain George W. Bush a proposé l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, mais cela a été rejeté par la France et l’Allemagne.

Ainsi – explique Renaud Girard – il n’y a pas d’unités françaises régulières combattant en Ukraine, mais la France y fournit des équipements militaires, tels que des canons Caesar efficaces et des missiles antichars Milan. Il envoie aussi des « formateurs » secrets comme le font les Américains et les Britanniques. En bref, la position de la France en Ukraine est celle des Soviétiques au Nord-Vietnam de 1964 à 1975 : ils ont armé et entraîné des soldats de Ho Chi Minh sans combat direct avec les forces américaines. La seule différence est que la France impose des sanctions à la Russie (déterminée dans le cadre de Bruxelles), alors que pendant la guerre du Vietnam, personne n’a été puni et les échanges entre l’Est et l’Ouest se sont poursuivis.

L’auteur poursuit en précisant que le deuxième axe tracé par Emmanuel Macron est la préservation de l’unité européenne ; Car « la division de l’Europe est l’un des buts de guerre de Poutine ». Les attitudes au sein du Conseil de l’UE varient, car il y a des États explosifs comme la Pologne, la Suède et les États baltes, des États suspects comme la France et l’Allemagne, et ceux qui font passer leurs intérêts nationaux en premier comme la Hongrie. Cette entité est encore solidement implantée pour l’instant, mais dans un contexte de dépendance renouvelée à l’égard des États-Unis plus qu’une « indépendance stratégique » proprement européenne.

Le troisième axe, la France, tente d’empêcher toute extension horizontale ou verticale du conflit. Et il veut éviter l’implication d’autres pays et l’escalade de l’utilisation des armes nucléaires.

Quatrièmement, Macron estime que le dialogue avec le Kremlin doit rester ouvert afin de préparer les conditions d’une paix négociée. Après cela, seuls les Ukrainiens décident quand ils veulent négocier et quelles concessions ils font.

Le cinquième axe de la politique ukrainienne du président français est d’éviter que le conflit ne provoque la division du monde. Nous assistons à la création d’un bassin occidental démocratique, aubaine des États sino-russes autoritaires, et aubaine des États indifférents d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. La France, qui a traditionnellement commercé avec tous les pays du monde, ne veut pas s’empêtrer dans la politique des blocs. La France, qui a manifesté son rejet du « changement de régime » dans la guerre en Irak, a de la crédibilité lorsqu’elle affirme que la souveraineté territoriale des Etats doit rester un principe absolu dans les relations internationales, estime Renaud Girard.

L’auteur a poursuivi en disant que l’enthousiasme de la Commission européenne, qui perd son temps à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie, qui, comme des retours en arrière, se retournent contre la population européenne, doit être calmé, considérant en même temps que seule la L’armée russe devrait faire l’objet de sanctions pour les installations industrielles.

Renault Gerard a estimé que la Turquie, agissant comme médiateur et n’imposant pas de sanctions, menait une politique plus sage que la France. Parce que c’est plus orienté vers un accord de paix. Le géopoliticien français a également souligné la nécessité de tracer les armes remises aux Ukrainiens pour empêcher leur revente et leur utilisation ultérieure contre les Européens.

Enfin, Renaud Girard avertit qu’il faut éviter de punir le peuple russe, qui n’a jamais appelé à cette guerre, arguant que l’interdiction aveugle des visas européens (réclamée par les États baltes) est une punition collective immorale et contre-productive. La France doit déclarer qu’elle veut être une amie à long terme des peuples ukrainien et russe et qu’elle ne choisira pas entre les deux.

Édith Desjardins

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