Bernard-Henri Levy perd son procès en diffamation contre un site d’information l’accusant d’avoir reçu 9,1 millions d’euros du Qatar

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La cour d’appel de Paris a rejeté mercredi 29 juin le procès en diffamation du philosophe français Bernard-Henri Lévy contre un média qui a révélé qu’il avait reçu un chèque de 9,1 millions d’euros de l’Etat du Qatar.

Dans son procès, Henri Levy avait estimé qu’un article publié par le site d’information Blast en avril 2021 l’avait discrédité et porté atteinte à son honneur en révélant des documents suspects pointant la générosité du Qatar à de nombreuses personnalités françaises indiquées. Henri Levy a dénoncé ce qu’il a qualifié de « faux » et a exigé la suppression de l’article et une indemnisation de 100 000 euros.

Le premier procès dans cette affaire a eu lieu le 16 juin 2021 et un verdict a été rendu le 22 septembre de la même année, déclarant le site d’information non coupable. Dans sa décision, le tribunal a noté que « Bernard Henry Levy ne s’est vu attribuer aucun fait mais a laissé entendre qu’il aurait pu recevoir de l’argent d’un État étranger ».

La 17e chambre du tribunal de Paris a alors décidé que le philosophe devait verser 3 000 euros à Blast, un jugement qu’Henri Lévy a fait appel et l’action en justice a été rejetée mercredi.

Rédigé par les journalistes Thierry Gadou et Bernard Nicolas, l’article intitulé « Qatar’s Connections » a révélé la générosité de l’émirat du Golfe envers un certain nombre de personnalités, dont Carla Bruni, épouse de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, et s’appuyant sur des documents qatariens divulgués Laurent Platini, fils de Michel Platini.

L’un des documents publiés dans l’article du 25 octobre 2011 indique que le ministre des finances du Qatar, Youssef Hussein Kamal, a informé le directeur des finances du Qatar qu’un chèque de 40 millions de riyals qatariens, soit environ 9,1 millions d’euros, devait être remis au philosophe et à tous Au nom du prince.

Dans un e-mail, l’assistant de Bernard, Henri Levy, a déclaré l’avoir contacté et nié « tout contact avec le Qatar », ajoutant que « tout document prétendant le contraire ne peut être qu’un faux flagrant ».

Les raisons de ce prétendu cadeau sont restées un mystère pour les rédacteurs de Blast, mais l’article émet l’hypothèse que le Qatar était à l’origine de l’éviction de Mouammar Kadhafi en Libye. Les auteurs affirment que « le Qatar, ayant remporté le printemps arabe (…), y a vu une opportunité d’étendre son influence dans la région. Il est donc possible qu’elle ait décidé de profiter de ce climat pour installer au pouvoir à Tripoli les Frères musulmans, que l’émir protège et finance.

À cet égard, le célèbre philosophe français a été l’un des premiers à alerter sur la situation dangereuse en Libye et a souligné la nécessité d’une intervention militaire à Benghazi pour protéger les civils. Les auteurs de l’article ajoutent que « la seule chose que nous pouvons demander ici est l’existence du document lié à l’émission d’un chèque ».

Denise Herbert

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