Borrell à Téhéran pour discuter du dossier nucléaire .. La France exhorte l’Iran à « saisir l’occasion »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a reçu samedi le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, ont rapporté les médias iraniens.

Les deux parties doivent tenir une série de pourparlers officiels sur les derniers développements des négociations de Vienne, et Amir Abdullahian et Borrell tiendront une conférence de presse conjointe après la conclusion des pourparlers.

Josep Borrell est arrivé vendredi soir à Téhéran pour tenter de relancer les pourparlers sur le dossier nucléaire iranien.

Vendredi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que « lors de la visite, qui s’inscrit dans le cadre des consultations en cours entre l’Iran et l’Union européenne, les questions bilatérales et certaines questions internationales et régionales seront discutées, ainsi que le statut de négociations sur la… Levée des sanctions imposées à Téhéran. »

« Josep Borrell se rendra en Iran les 24 et 25 juin dans le cadre des efforts en cours pour parvenir au plein respect du plan d’action global conjoint (l’accord sur le nucléaire) », a déclaré vendredi l’Union européenne dans un communiqué.

Borrell a tweeté vendredi soir : « La diplomatie est le seul moyen de revenir à la pleine mise en œuvre de l'[accord nucléaire iranien signé en 2015]et de résoudre les différends actuels ».

La visite de Borrell à Téhéran intervient à un moment où les pourparlers entre l’Iran et les grandes puissances (Russie, États-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne), entamés à Vienne en avril 2021, stagnent depuis mars.

La dernière visite de Borrell en Iran remonte à février 2020.

La France exhorte l’Iran à profiter de la visite de Borrell

Pour sa part, la France a exhorté vendredi la République islamique à profiter de la visite du chef de la politique étrangère de l’Union européenne, et un communiqué du ministère des Affaires étrangères se lit comme suit : « Nous sommes prêts à parvenir à un accord final sur cet accord et nous exhortons l’Iran de saisir cette opportunité diplomatique pour clore l’affaire maintenant tant que c’est encore possible.

Et jeudi soir, le négociateur en chef de l’Union européenne Enrique Mora, chargé de coordonner les pourparlers sur le dossier nucléaire iranien, a tweeté une photo de son dîner à Bruxelles avec Borrell et l’envoyé spécial américain pour les affaires iraniennes Robert Malley, avec le commentaire suivant : « Un -conversation approfondie sur le plan d’action global conjoint et les perspectives régionales au Moyen-Orient. » Le Mali a réitéré l’engagement des États-Unis à revenir à l’accord.

Mora s’est rendu deux fois en Iran depuis l’échec des pourparlers.

« Abattre »

L’administration du président américain Joe Biden avait exprimé le souhait de revenir à l’accord sur le nucléaire, mais à condition que Téhéran en honore à nouveau les termes.

De son côté, Hossein Amir-Abdollahian a confirmé jeudi après avoir rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov à Téhéran que son pays espère « sérieusement » parvenir à un accord avec les grandes puissances, dont les Etats-Unis. Il a exhorté Washington à être « réaliste ».

Le 8 juin, l’Iran a fermé certaines des caméras de surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur ses sites nucléaires après que les États-Unis et les Européens ont voté une résolution de l’AIEA condamnant le manque de coopération de Téhéran.

Mais l’Iran a annoncé le 13 juin que toutes ces mesures étaient « réversibles » une fois qu’un accord serait trouvé à Vienne.

Après que Téhéran a fermé les caméras de surveillance, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a averti que « dans trois ou quatre semaines », l’agence ne sera pas en mesure de fournir les informations nécessaires pour suivre le programme nucléaire iranien si les choses continuent comme ça.

Il a considéré l’affaire comme « un coup fatal » à l’accord de 2015.

Il y a plus d’un an, l’Iran et les puissances encore incluses dans l’accord de 2015 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie et Chine) entamaient des pourparlers à Vienne, dans lesquels les États-Unis, qui se sont retirés unilatéralement de l’accord en 2018, étaient indirectement impliqués dans le cadre de son ancien président Donald Trump.

Les négociations actuellement suspendues visent à ramener Washington à l’accord et à lever les sanctions qu’il a imposées à Téhéran après sa sortie, en échange du retour de Téhéran pour honorer ses engagements nucléaires, qu’il a retirés suite à la décision américaine.

L’accord de 2015, surnommé le Plan d’action global conjoint, a permis la levée des sanctions contre l’Iran en échange de la limitation de ses activités et de la garantie de la paix de son programme.

Denise Herbert

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