La France tente de restaurer son influence déclinante en Afrique |

Paris – Le président français Emmanuel Macron a entamé une tournée de trois pays en Afrique, où il s’est rendu mardi au Cameroun dans le but de renforcer les liens politiques avec le continent au milieu de l’influence décroissante de l’ancienne puissance coloniale dans la région en échange d’un soutien croissant à la Russie et à la Chine.

A Yaoundé, la capitale du Cameroun, le président français a souligné que son pays « ne renoncera pas à la sécurité du continent africain » et a réaffirmé sa volonté de « réinventer » l’appareil militaire et sécuritaire français, notamment au Sahel.

« La France restera fermement attachée à la sécurité du continent, pour soutenir nos partenaires africains et à leur demande », a déclaré Macron lors d’un discours devant la communauté française à Yaoundé.

Macron a entamé mardi une tournée de quatre jours sur le continent africain depuis le Cameroun, au cours de laquelle il se rendra également au Bénin, qui fait face à des problèmes de sécurité au Sahel, et en Guinée-Bissau.

L’évolution de l’appareil militaire sera géographique et organisationnelle et a commencé depuis que le retrait des forces de l’opération Barkhane du Mali a été annoncé dans un contexte d’hostilité croissante du conseil militaire au pouvoir.

Il a ajouté : « Nous réorganisons notre système en nous retirant du Mali car le cadre politique n’est plus en place (…) dans le but d’étendre notre appareil au-delà du Sahel vers le golfe de Guinée et les pays qui sont désormais confrontés à des groupes terroristes, qui se propagent et provoquent un tollé dans toute la région. »

« Nous resterons engagés auprès des pays du bassin du lac Tchad pour les aider à combattre les terroristes qui sèment la mort dans l’extrême nord du Cameroun depuis de nombreuses années », a-t-il ajouté, où Boko Haram est actif.

Et il a estimé que la France « devrait être encore plus clairement là, à la demande des pays africains, qui est une demande claire et explicite, par notre plus grande présence sur les questions de formation et d’équipements militaires, pour soutenir et être proche des armées africaines ». restent pour les aider à étendre leurs capacités, en liant toujours nos gadgets à la sécurité, à la défense, à la diplomatie et au développement.

Macron a souligné que « ce groupe tripartite est le seul qui nous permette de répondre à l’urgence sécuritaire face au terrorisme et de s’attaquer à ses causes ».

Macron tenait à nier certains des « mensonges » répandus sur la guerre en Ukraine.

« Nous sommes attaqués par certains qui disent que les sanctions européennes sont à l’origine de la crise alimentaire mondiale, y compris africaine », a-t-il déclaré. C’est complètement faux car la nourriture, comme l’énergie, est simplement devenue une arme de guerre entre les mains de la Russie.

Il a vu la nécessité de « construire de nouveaux partenariats collectifs avec une nouvelle approche en connectant les entreprises existantes, les start-up, les associations et la société civile ».

Et intensifié l’hostilité envers la France, principale puissance coloniale en Afrique, au Mali et au Burkina Faso au profit de la Russie, qui tente d’en profiter pour combler le vide et étendre son influence.

Le voyage du président français en Afrique coïncide avec la visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Afrique.

Lundi, Lavrov s’est rendu en République du Congo, deuxième étape d’un voyage en Afrique visant à renforcer les liens de Moscou avec un continent qui refuse de se joindre à la condamnation et aux sanctions occidentales contre Moscou pour son invasion de l’Ukraine.

Les pays africains, qui ont un héritage enchevêtré de liens avec l’Occident et l’ex-Union soviétique, ont largement évité de prendre parti dans la guerre en Ukraine. De nombreux pays africains importent des céréales de Russie et, de plus en plus, de l’énergie, mais ils achètent également des céréales d’Ukraine et bénéficient d’un afflux d’aide occidentale et de liens commerciaux.

Lavrov s’est rendu en Égypte et au Congo, puis s’est rendu en Ouganda puis en Éthiopie, où des diplomates de l’Union africaine ont déclaré qu’il avait invité des ambassadeurs de plusieurs États membres à une réunion spéciale mercredi, au grand dam des donateurs occidentaux.

Une lettre d’invitation de l’ambassadeur de Russie en Éthiopie et de l’Union africaine à un certain nombre d’ambassadeurs africains a indiqué que l’objectif de la réunion était d’approfondir la coopération entre la Russie et les pays africains.

Deux diplomates de l’Union africaine, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, ont déclaré que la réunion prévue provoquait une rupture entre les donateurs occidentaux, car elle indique un mouvement vers la Russie.

Malgier Martel

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