La greffe de cellules pancréatiques peut être un espoir pour les diabétiques | santé

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Un traitement tant attendu pour les patients atteints de diabète de type 1. Après des années d’essais et d’erreurs, les greffes d’îlots pancréatiques, enfin approuvées par les autorités sanitaires du monde entier, ont montré qu’elles pouvaient « changer » la vie des patients.

Valérie Rodriguez ne cache pas sa satisfaction face aux résultats « révolutionnaires » de ce traitement. Cet ancien professeur de banque a été l’un des premiers patients en France à subir une telle greffe le 24 octobre au CHU de Strasbourg dans le cadre de la couverture médicale générale (un projet pilote encadré par l’Assurance maladie).

Avant l’opération, Rodriguez avait essayé tous les traitements suggérés pour contrôler sa glycémie, avec peu de succès. « J’ai toujours vécu avec une épée sur la tête », raconte à l’AFP l’énergique quadragénaire.

Coma dû à un faible taux de sucre dans le sang

« Il y a une peur d’entrer dans le coma à cause de l’hypoglycémie. Par exemple, il y a eu des moments où j’ai dû consommer de grandes quantités de sucre en conduisant sur l’autoroute », a-t-elle ajouté.

Mais elle dit qu’elle « est revenue à la vie » depuis l’opération. A la veille de la journée mondiale du diabète le 14 novembre, elle explique : « Je n’observe plus de telles fluctuations de la glycémie, les cas d’épuisement physique ont fortement baissé » et « je me sens heureuse. Cette technologie est incroyable. »

Cette « technologie » repose sur une transplantation dans le pancréas des soi-disant îlots de Langerhans, qui sont des cellules du pancréas chargées de trier l’insuline, après avoir été prélevées sur un donneur non diabétique au stade de la mort clinique devenu.

Bien que Valérie Rodriguez n’ait subi aucun effet secondaire négatif, elle souligne que cette intervention chirurgicale, comme toutes les greffes, nécessite un traitement à vie pour éviter le rejet des organes ou des cellules transplantés. Dans le cas de Rodriguez, elle doit prendre « 7 médicaments le matin et 6 le soir ». « Je préfère définitivement les pilules du petit-déjeuner face aux épisodes fréquents d’hypoglycémie ou de fatigue », dit-elle.

20 ans de recherche

Les premiers essais cliniques de ce traitement ont eu lieu au Canada en 1999, puis en Europe, et ont duré environ deux décennies. Et en 2020, la Haute Autorité de Santé en France a donné son accord pour utiliser cette pratique sur certains patients présentant une « instabilité chronique ».

En décembre 2021, le centre hospitalier régional de Lille, dans le nord de la France, est devenu le premier établissement français à réaliser une telle greffe dans le cadre de ses chirurgies de routine, avant que l’hôpital de Strasbourg ne lui emboîte le pas.

« C’était très intéressant, se souvient Valérie Rodriguez. Il y avait 15 personnes dans la salle d’opération. Tout le monde voulait voir ce qui se passait. »

Laurence Kessler, professeur de diabétologie aux Hôpitaux de Strasbourg et membre de l’Association francophone du diabète, reconnaît que cette nouvelle technologie est « un grand pas en avant » pour les patients. Pour nous médecins, c’est l’aboutissement d’une recherche clinique pluridisciplinaire de très haut niveau. C’est une reconnaissance très forte. »

îlots pancréatiques

Le médecin, qui a étudié pour obtenir un master sur les îlots pancréatiques chez le rat en 1988, affirme qu’« au niveau de la démarche scientifique, les études chez l’animal puis chez l’homme doivent être suivies avant d’aborder[l’expérience]. les soins médicaux de routine sont très satisfaisants. »

Selon Lawrence Kessler, ce traitement est recommandé à quelques centaines de patients chaque année, soit un pourcentage presque négligeable sur les 370 000 patients atteints de diabète de type 1, selon l’Association française des patients diabétiques.

Et le spécialiste du diabète de souligner : « Ce nombre est limité, mais il est essentiel car ce sont des patients qui ne trouvent pas d’autre alternative thérapeutique et nous ne faisons que commencer, puisque ce traitement peut être prescrit à d’autres patients chez qui c’est le cas. Le traitement a échoué, par exemple dans les maladies du pancréas ou de la mucoviscidose.

Denise Herbert

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