Les forces spéciales françaises tirent les leçons du conflit ukrainien

La France est confrontée au défi de réinventer ses propres forces armées dans l’atmosphère de compétition entre grandes puissances et le retour d’une guerre brutale, comme en témoigne le conflit en Ukraine, après deux décennies de ces unités dédiées à la lutte contre le terrorisme. « La guerre en Ukraine accélère notre transformation », a déclaré un officier supérieur du Commandement des opérations spéciales secrètes (COS), composé de 4 500 soldats d’élite des trois armées (air, mer et terre).

Les forces spéciales françaises, qui fêtent leur trentième anniversaire en juin, sont apparues en 1990 et n’ont cessé de s’adapter à l’évolution des conflits. Après une longue période de luttes inégales contre les extrémistes, le changement semble désormais significatif car ils doivent se préparer à affronter des forces à armes égales.

Pendant le conflit depuis le 24 février, le Secret Special Operations Command a observé avec intérêt le déploiement des forces spéciales afin d’en tirer les premiers enseignements.

Le général Bertrand Togos, commandant des forces spéciales françaises, a déclaré fin avril que « le recours aux forces spéciales et aux opérations hybrides dans le mode d’opération de l’armée russe depuis le début du conflit a été étonnamment faible », considérant qu’il s’agit d’un « gros surprise. » « .

« Au contraire, les Ukrainiens ont remarqué la recrudescence des méthodes de guérilla, restreint les mouvements spéciaux (…) et obtenu des succès dans ce domaine », a-t-il ajouté, tout en lançant des opérations d’influence sur les réseaux sociaux.

Créées comme un outil de gestion de crise en temps réel, les forces spéciales françaises ont connu une seconde vie dans les années 2000 avec un engagement de longue durée en Afghanistan.

Au cours de la décennie suivante, les forces spéciales ont été à l’avant-garde de la lutte contre les extrémistes au Moyen-Orient et au Sahel alors que de petites unités de l’opération Sabre traquaient des groupes liés à Al-Qaïda et à l’EI.

défi numérique

Le « Secret Special Operations Command » promet de poursuivre la lutte contre le terrorisme dans le futur, mais cette forme de guerre asymétrique n’est plus la priorité des armées françaises, qui se préparent à des scénarios de résistance au pouvoir accompagnés de stratégies d’influence  » sphères immatérielles » (réseaux sociaux, flux d’informations et Internet…) voire de grands conflits entre nations.

L’opération lancée par Moscou en Ukraine souligne la nécessité d’une adaptation, y compris du côté des forces spéciales, qui doivent profiter de la souplesse et de la furtivité de leurs unités très légères dans ce nouveau modèle de conflit aigu, où ces unités se superposent aux forces conventionnelles peuvent être plus élevé que par le passé.

Un officier des forces spéciales a déclaré que « les zones grises deviendront les zones de travail préférées des forces spéciales, qui devront faire face à des adversaires plus forts et plus ambigus ».

Il a ajouté que « ce que nous savons dans le domaine de la lutte contre le terrorisme nous aide à nous développer dans la zone grise » et à mener des actions ciblées à moindre coût. (AFP)

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