Macron dit qu’il ne demandera pas « pardon » aux Algériens pour le colonialisme

Le président français Emmanuel Macron a confirmé dans une interview publiée mercredi soir qu’il ne demanderait pas « pardon » aux Algériens pour la colonisation française de leur pays, mais il espère accueillir son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune à Paris cette année pour faire son travail pour continuer avec lui. sur les actes de mémoire et de réconciliation entre les deux pays.

Et dans une longue interview que l’écrivain algérien Kamel Daoud a réalisée avec lui et publiée par l’hebdomadaire « Le pointUn Français a déclaré mercredi soir à Macron : « Je n’ai pas à demander pardon, ce n’est pas le but. La Parole rompra tous les liens.

« Le pire qui puisse arriver, c’est de dire qu’on s’excuse et que chacun passe son chemin », a déclaré le président français, soulignant que « le travail de mémoire et d’histoire n’est pas un état des lieux de calcul, entièrement en face ».

Il a expliqué que le travail de mémoire et d’histoire « signifie reconnaître qu’il y a des choses qui ne peuvent pas être décrites, des choses qui ne peuvent pas être comprises, des choses qui ne peuvent pas être prouvées, des choses qui ne peuvent pas être pardonnées ».

La question de l’apologie par la France de son passé colonial en Algérie (1830-1962) est au coeur des relations bilatérales et des tensions récurrentes entre les deux pays, selon l’AFP.

En 2020, l’Algérie a reçu sans enthousiasme un rapport de l’historien français Benjamin Stora, commandé par Macron, dans lequel il appelait à une série d’initiatives pour parvenir à la réconciliation entre les deux pays. Le rapport ne contenait aucune recommandation d’excuser ou d’exprimer des remords, ce que l’Algérie demande constamment.

Dans son entretien, le président français a déclaré : « J’espère que le président Tebboune pourra venir en France en 2023 » pour poursuivre un « travail d’amitié sans précédent (…) » après la visite que Macron lui-même a effectuée en Algérie en août 2022.

Lorsqu’on lui a demandé si, lors de cette prochaine visite en France de Tebboune, le président invité pourrait assister à une cérémonie d’hommage devant le monument à l’émir, Abdelkader Al-Jazaery, au cimetière des héros de la résistance contre le colonialisme dans la ville d’Amboise (sud-ouest de Paris) Macron a déclaré qu’une telle affaire était « un moment très beau et très puissant ».

« Je l’espère », a-t-il ajouté.

Macron a estimé que la tenue d’une telle cérémonie « aura un sens dans l’histoire du peuple algérien. Pour les Français, ce sera l’occasion de comprendre des vérités souvent cachées.

Le prince Abdelkader (1808-1883) est arrêté avec plusieurs membres de sa famille à Amboise de 1848 à 1852.

Macron a redoublé d’initiatives dans le dossier de la mémoire, reconnaissant la responsabilité de l’armée française dans l’assassinat du mathématicien Maurice Audin et du procureur Ali Bumengel lors de la « Bataille d’Algérie » en 1957, et dénonçant les « crimes injustifiés » commis par l’armée française commis pendant la massacre des manifestants. Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

Cependant, les excuses que l’Algérie attendait pour sa colonisation ne sont jamais venues, ce qui, selon l’AFP, a contrecarré les initiatives de Macron et accru les malentendus entre les deux parties.

Le voyage de Macron en Algérie en août dernier a permis de relancer les relations bilatérales après la crise déclenchée par les propos du président français en octobre 2021 accusant le « système militaro-politique » algérien d’avoir une « retraite mémoire » à créer et remettant également en cause l’existence d’une nation algérienne avant colonialisme. .

Dans son interview au Point, Macron a reconnu l’erreur de ses déclarations.

Il a déclaré: « C’était peut-être une phrase maladroite et cela a peut-être blessé » les Algériens, tout en estimant que « ces moments de tension nous apprennent. Il faut savoir se ressaisir ».

Macron a également appelé à « l’apaisement » des tensions entre l’Algérie et le Maroc pour exclure une guerre entre les deux archivoisins.

L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en août 2021, accusant Rabat d’avoir commis des « actes hostiles » dans une décision que Rabat considérait comme « complètement injustifiée ».

Denise Herbert

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