Pourquoi le Mali a-t-il décidé d’expulser l’ambassadeur de France ? | Nouvelles de la politique

Lundi, le gouvernement malien a décidé d’expulser l’ambassadeur de France Joël Mayer et de lui donner 72 heures pour quitter le pays, à la suite de déclarations d’officiels français que Bamako a qualifiées d' »hostiles ».

« Le Gouvernement de la République du Mali annonce au public aux niveaux national et international que le ministère des Affaires étrangères a convoqué lundi Joël Mayer, l’ambassadeur de France à Bamako, et l’a informé de la demande du gouvernement de partir dans les 72 heures », a-t-il ajouté. dit dans un communiqué du gouvernement.

Le communiqué ajoute que « les autorités maliennes ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France à la suite de propos hostiles et colériques tenus à son encontre par des responsables français ».

« Le gouvernement du Mali condamne et rejette fermement ces déclarations, qui sont incompatibles avec le développement de relations amicales entre les nations », ajoute le communiqué.

Bamako a réitéré « sa volonté de poursuivre le dialogue et la coopération avec tous ses partenaires internationaux, dont la France, dans le respect mutuel et sur la base du principe de non-ingérence ».

Vendredi dernier, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a prévenu que son pays n’exclurait « rien » dans les relations avec la France.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le Mali et l’ancienne France colonialiste.

Mercredi dernier, le Premier ministre malien par intérim, Chogoel Koukala Maiga, a intensifié sa rhétorique contre la France, accusée de diviser le peuple malien, « d’exploiter » les organisations sous-régionales et de perpétuer son « comportement colonial ».

Jeudi dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a critiqué le conseil militaire au Mali, le qualifiant d' »illégitime » et ses décisions « irresponsables » après que les autorités maliennes ont fait pression sur le Danemark pour qu’il retire son bataillon des forces spéciales.

Le Drian a ajouté lors d’une conférence de presse que son pays était solidaire de la réaction des membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, qui ont décidé « avec force et courage » de « punir le Mali ».

Le ministre français a également annoncé que des sanctions seront imposées aux dirigeants du conseil militaire dans le cadre de l’Union européenne.

Les relations n’ont cessé de se détériorer depuis la prise de pouvoir des militaires en août 2020 dans un pays embourbé dans une profonde crise sécuritaire et politique depuis 2012.

Le 25 janvier, la ministre française des Armées Florence Parly a annoncé que le conseil militaire multipliait ses « provocations ».

En juin dernier, Macron a décidé de mettre fin à l’opération Barkhane au Sahel, de réduire le nombre des forces armées de son pays de 5 100 à 2 500-3 000 et de se retirer complètement des villes de Tessalit, Kidal et Tombouctou.

Bamako considérait cette décision comme un départ d’elle. En effet, dans une interview accordée à Radio France International le 27 septembre, le Premier ministre malien Chogoel Kokala Maiga a condamné ce qu’il a qualifié de « déclaration unilatérale » sans la coordination tripartite avec les Nations unies et le gouvernement malien.

Denise Herbert

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